mardi 6 septembre 2011

Mon Mystère (Anne Sylvestre)


En guise d'intro pour le débat sur "Oser le cheveu blanc"...

Vous n'avez pas à vous en faire 
Pour mon mystère,
Ne vous faites aucun souci
Pour mes petits secrets, merci.

Je suis la femme, l'éternelle,
Celle dont on voit tant et plus, 
Le soutien-gorge de dentelle
Passer sur tous les autobus.
Mon collant va bientôt vous plaire,
Mes fesses au niveau de vos yeux.
Quant à mon slip il prolifère
Dans le métro, c'est merveilleux.

Vous n'avez pas à vous en faire 
Pour mon mystère,
Ne vous faites aucun souci
Pour mes petits secrets, merci.

Je suis la fée, je suis l'ondine,
Qui récure ses cabinets
Avec une poudre divine,
A côté d'un papier duvet.
Je suis l'unique, la première,
Je suis l'adolescente en fleur.
Celle qui montre son derrière
Pour vendre un réfrigérateur

Vous n'avez pas à vous en faire 
Pour mon mystère,
Ne vous faites aucun souci
Pour mes petits secrets, merci.

Je suis la fleur tendre et fragile,
Ouvrant sa corolle au matin,
A condition que je m'épile,
Mais ça repousse et c'est vilain !
Ma fraîcheur sera comme neige,
Il serait pourtant plus prudent
Qu'après cinq heures je m'asperge
D'un odoricide dément.

Vous n'avez pas à vous en faire 
Pour mon mystère,
Ne vous faites aucun souci
Pour mes petits secrets, merci.

Je suis libre, je cours, je vole.
Même les quelques jours du mois,
Rien n'entrave ma course folle,
Avec les tampons houp-lala.
Ma beauté est toujours à l'aise,
Vous le savez, vous qui vous aillez
Cet étalage de prothèse 
Dans votre journal familier.

Vous n'avez pas à vous en faire 
Pour mon mystère,
Ne vous faites aucun souci
Pour mes petits secrets, merci.

Approchez, je suis votre rêve,
A cet étal de boucherie
Un jour miraculeux se lève
Où mon corps sera mis à prix.
Mais bientôt, mais bientôt merveille
Cet esclavage aura vécu,
Bientôt enfin je serai vieille
Vous ne m'imaginerez plus.

Je n'en aurai plus rien à faire 
De mon mystère,
Je n'aurai plus aucun souci,
Ni de petit secret, merci.

On ne mettra plus en vitrine
Ni mes dessus ni mes dessous.
J'aurai enfin pauvre poitrine,
Des varices et le ventre mou.
Je me vautrerai dans mon âge,
Je boufferai n'importe quoi
Sans qu'on m'emmerde à chaque page
Avec tout ce qu'il ne faut pas.

Et je serai, pour vous déplaire,
Un gros mystère.
Vous vous ferez bien du souci,
Je garde mon secret, merci.


lundi 5 septembre 2011

Citations du jour...

... par deux participantes (restées anonymes*) de l'atelier d'écriture organisé lors de la première édition de Suffragettes Not Dead :

"La curiosité me pousse toujours à l'alternative".
"J'ai le sentiment que, par ces temps de crise, j'ai un réel besoin de retourner à certaines valeurs essentielles que j'ai souvent abandonnées, de retrouver l'essence de la vie.
Épicure est donc devenu mon meilleur pote".

*si vous vous reconnaissez, n'hésitez pas à nous contacter !

mercredi 31 août 2011

Un féminisme en mutation

Pour son deuxième film, Virginie Despentes s'est éloignée de la fiction trash avec un documentaire remarquable autour du mouvement féministe pro-sexe ou, pour paraphraser le sous-titre de "Mutantes", un "féminisme porno punk".
À travers de nombreux entretiens avec des activistes d'hier et d'aujourd'hui (citons en vrac Candida Royalle, Annie Sprinkle, Maria Beatty ou encore Lydia Lunch), la Française dresse un état des lieux de ce mouvement encore méconnu, et (très) mal aimé des féministes abolitionnistes. Et pour cause : ses principales protagonistes sont, bien souvent, des travailleuses du sexe qui ont fait ce métier par choix et non par nécessité.
Ainsi, Norma Jean Almodovar débuta sa carrière au sein du Los Angeles Police Department où elle fut témoin de tant de corruption qu'elle préféra devenir escorte à Beverly Hills plutôt que de continuer d'être flic.


Son parcours, s'il est atypique, n'en est pas moins représentatif d'un féminisme en pleine mutation : celui qui permet aux femmes de faire elles-même leurs propres choix de carrière, quels qu'ils soient. Et dans le cas des femmes ici présentes, toutes ont des activités parfaitement légales, sans quoi il va sans dire que leur participation à visage découvert eut été fortement compromise.
Il me semble qu'il y a un paradoxe immense dans ce féminisme qui stigmatise systématiquement la sexualité marchandée tout en invitant les femmes à être actives sur le plan professionnel : à mon sens, la prostitution et la participation à des films pour adultes, que ce soit en tant qu'actrice, réalisatrice, productrice ou autre, sont bel et bien des métiers que l'on peut, en son âme et conscience, choisir de pratiquer. Et je ne parle pas ici des jeunes femmes qui finissent sur le trottoir ou dans d'obscurs films amateurs à la suite d'un parcours de vie aussi triste que chaotique : là n'est pas le sujet.

Je parle de ces femmes qui assument leurs choix de vie à 100% et militent pour le droit de vivre leur vie comme bon leur semble, quoi qu'en dise la société bien pensante.
 
Si cela n'est pas un acte féministe, je me demande ce que c'est !
Pour aller plus loin, je vous conseille vivement les lectures suivantes :
- "Paradoxia, journal d'une prédatrice" de Lydia Lunch
- "King Kong Théorie" de Virginie Despentes
- "Porno Manifesto" d'Ovidie
- "J'assume" de Nina Roberts
- "A woman's guide to good porn", d'Erika Lust

dimanche 28 août 2011

Fade to grey

En amont de cette deuxième édition de Suffragettes Not Dead, nous vous invitons d'ores et déjà à alimenter le futur débat "Oser le cheveux blanc" animé par Catherine Markstein de l'asbl Femmes et Santé.

Tous vos avis sont les bienvenus (oui, oui, les vôtres aussi, messieurs !), que vous ayez ou non des cheveux immaculés !

lundi 22 août 2011

"On ne naît ni fille, ni garçon : on le devient." (Simone de Beauvoir)

Aujourd'hui, Oscar a 4 ans... C'est déjà un petit bout d'homme, mon filleul ! Je me creuse la tête pour trouver le plus beau cadeau d'anniversaire possible... Je surfe sur les sites de vente en ligne dédiés aux jouets et à la littérature enfantine... et une fois de plus je m'offusque de la division fille/garçon que l'on y trouve...

 
Extrait de "La domination masculine" de Patric Jean.


Dès le plus jeune âge, la société met nos enfants dans des catégories : les gamins en bleu, les fillettes en rose,  Oscar sera un héros combattant le dragon pendant que Valentine passera l'aspirateur "comme maman"... L'aspirateur n'est-il pourtant pas une bonne arme anti-dragon ? Je pourrais donc aller à l'encontre des codes et lui offrir cet aspirateur rose pailleté pour petite fille sage en lui expliquant que c'est une redoutable machine à terrasser les monstres. A cette idée, j'imagine Oscar chevauchant son aspirateur, entouré de ses petits camarades, lors de sa fête d'anniversaire. J'imagine aussi le regard honteux de son papa et de sa maman devant se justifier face aux regards interrogateurs des autres parents... "C'est un aspirateur à monstres... C'est une idée de sa marraine... C'est une originale..."

Le vrai problème n'est, en effet, pas le marketing (loin de moi l'idée d'innocenter celui-ci !) qui ne fait que répondre à une demande de la société mais bien la manière dont les parents et autres acteurs de l'éducation portent des valeurs qui conditionnent dès le plus jeune âge les enfants dans des rôles sexués... Dans notre société, un petit garçon ne peut pas jouer à la poupée sans être montré du doigt, une petite fille doit être coquette et obéissante... Il y a longtemps que vous avez lu les aventures de cette chère Martine ? J'en ai retrouvé, il y a peu, dans mon grenier...

Combattre les sectarismes commence donc par l'éducation de nos chérubins, sans pour autant verser dans le sectarisme... Personnellement, j'adorais Barbie et Ken étant gamine et les Martine que j'ai retrouvé dans le grenier sont bien à moi... De plus, il est difficile d'interdire à nos chères et tendres d'aimer le rose et les princesses... Ca fait partie de la loi de la cour de récréation, de l'acceptation au groupe !


Quelques pistes pour d'autres jouets et livres pour les bambins (n'hésitez pas à apporter vos contributions)
www.lab-elle.org
www.talentshauts.fr
http://publisexisme.samizdat.net/

Lettre ouverte

Bonjour à tou/tes,

Suite à quelques échanges plus ou moins houleux sur un célèbre réseau social, nous – organisateurs et -trices de Suffragettes Not Dead – nous sommes dit qu'il serait peut-être temps de remettre l'église au milieu du village, à savoir que toutes les personnes impliquées dans le collectif ne se revendiquent pas forcément du féminisme, son but étant précisément de permettre des passerelles entre les idéologies.

Force nous est d'avouer que nous ne nous retrouvons pas dans le féminisme que nous considérons comme "radical" – celui-là même qui est bien trop souvent mis en avant par les médias. Ceci explique pourquoi certain/es d'entre nous refusent cette étiquette de manière catégorique.

Le fait est que LE féminisme n'existe pas : il existe autant de courants féministes que de courants musicaux (ou presque), du plus radical au plus modéré. Selon nous, il se vit au pluriel, et dans tous les cas, il se doit d'être vécu dans le respect mutuel, sans quoi, il devient impossible de faire passer un message positif.

N'hésitez pas à nous faire part de votre avis, par commentaire ici même, ou de visu le 8 septembre au Magic Mirrors de Bruxelles...

dimanche 14 août 2011

Simone a dit...

"La femme n'est victime d'aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux."

Simone de Beauvoir

mercredi 10 août 2011

le citation du jour

"Il faut que la femme oublie sa propre personnalité quand elle aime. C'est une loi de la nature. Une femme n'existe pas sans un maître. Sans un maître, c'est un bouquet éparpillé."

Cécile Sauvage (1883-1927)

lundi 8 août 2011

Pourquoi "Suffragettes Not Dead"?

Chère lectrice, cher lecteur,

Tu te demandes peut-être pourquoi nous avons décidé d'appeler notre événement Suffragettes Not Dead plutôt que Ladyfest...

Et bien, laisse-moi te donner ma vision – très personnelle – des choses : il se trouve qu'à la dernière Ladyfest où j'ai mis les pieds (et ça commence à dater...), j'ai eu l'occasion d'assister à un débat autour des violences sexuelles. Encore que "débat" soit un bien grand mot puisque les intervenantes étaient principalement de jeunes squatteuses lesbiennes féministes pour qui une agression sexuelle commence déjà par un sifflement en rue. Et je dois avouer que je fus très choquée par la radicalité de certains de leurs propos, notamment par l'absence de définition pour le terme d'agression. Quand je leur fis remarquer que ce manque de nuance me gênait, j'eus droit à plusieurs regards outrés, car selon elles, à partir du moment où une femme se sent agressée, il s'agit d'une agression en bonne et due forme – que se soit un regard trop soutenu ou une pénétration forcée ! Fin de la discussion.

À vrai dire, ce débat ne m'aura strictement rien apporté, car sous couvert de dialogue (?), ces très jeunes femmes auront surtout passé leur temps à se caresser dans le sens du poil : les trois ou quatre "intruses" (est-il besoin de préciser qu'aucun homme n'était présent ?) étaient tolérées tant qu'elles abondaient dans leur sens – c'est vous dire si je n'avais pas ma place à cette table ronde, d'autant moins que j'étais la seule femme en jupe (qu'elles ne portent évidemment plus, car la jupe crée, je cite, un "climat d'oppression"). Impossible de tomber d'accord dans ces conditions, car il y a bien longtemps que le sectarisme ne fait plus partie de ma vie. À trop se prendre au sérieux, on finit par ne plus l'être pris par les autres...

De plus, j'ai été fortement gênée par le fait que la totalité de la discussion tournait autour des violences envers les femmes (homosexuelles ou non) et transgenres.
Et les hommes, dans tout ça ? Parce que la réflexion menée par des jeunes femmes visiblement intelligentes mais dénuées de tout second degré tournait exclusivement autour du sexisme à l'égard de la gente féminine. Et plutôt que de miser sur des solutions durables, telles que l'éducation (l'idée d'avoir des enfants leur est tout simplement insupportable), il leur fallait de l'immédiat, du "clé sur porte". Par exemple surveiller de près les hommes dans chaque soirée et concert et exclure systématiquement ceux qui auront "agressé" l'une des femmes présentes par leur comportement sexiste.

Mais c'est quoi au juste, un comportement sexiste ? Il me semble en effet que chacun/e possède son propre seuil de tolérance à ce sujet. Et s'il m'arrive de me sentir tour à tour blessée, humiliée ou harcelée, il est très rare que je me sente agressée, du moins dans l'idée que je me fais, moi, d'une agression.

Pour ma part, je ne pense pas que dans les sociétés occidentales du XXIe siècle, la femme soit nécessairement plus opprimée que l'homme : s'il est effectivement dur d'appartenir au "sexe faible", nous vivons dans une société déshumanisée par la compétition et la course au rendement qui rend difficile le fait d'être humain, tout simplement, à partir du moment où l'on a décidé d'être en accord avec soi-même. Cela a, à mon sens, davantage à voir avec nos sensibilités personnelles qu'avec l'état de notre entrejambes.

S'il est évidemment important de poser certaines questions en vue de trouver des solutions, je continue de croire qu'il est impossible d'ouvrir le débat en l'absence du mâle, étant donné qu'il a lui aussi son mot à dire. Et les généralisations du type "la femme est une proie potentielle" et "l'homme est un barbare" m'ont toujours profondément ennuyées : c'est à partir du moment où une personne se pose en victime potentielle qu'elle devient une proie facile.
Et honnêtement, ce ne sont pas quelques féministes autoproclamées et donneuses de leçons qui me donneront envie de ruer dans les brancards, surtout si elles excluent d'office nos petits camarades de sexe masculin !

À bon entendeur...

jeudi 4 août 2011

Les bons conseils de Maya Angelou

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
suffisamment d'argent à elle pour quitter la maison
et se louer un hébergement,
au cas où elle le souhaiterait ou en aurait besoin...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
quelque chose de parfait à se mettre sur le dos au cas où son employeur, ou l'homme de ses rêves
voudrait la rencontrer dans une heure...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
une jeunesse qu'elle est heureuse de laisser derrière elle...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
un passé suffisamment juteux pour avoir hâte de le raconter durant son grand âge...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
un tournevis, une perceuse sans fil, et... un soutien-gorge en dentelle noire...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
une amie qui la fait toujours rire et une autre qui la laisse pleurer...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
un beau meuble qui n'a pas déjà appartenu à une personne de sa famille...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
huit assiettes assorties, des verres à vin sur tige,
et une recette en vue d'un repas
qui donnera à ses invités le sentiment d'être honorés...

UNE FEMME DEVRAIT AVOIR...
le sentiment de maîtriser sa destinée...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
comment tomber en amour sans se perdre elle-même...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
comment quitter un emploi,
rompre avec un amant,
et confronter une amie
sans gâcher l'amitié...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
quand il faut faire des efforts... et QUAND IL VAUT MIEUX PARTIR...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
qu'elle ne peut pas changer la longueur de ses jambes,
la largeur de ses hanches, ou la nature de ses parents...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
que son enfance n'a peut-être pas été parfaite, mais qu'elle est terminée...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
ce qu'elle est prête à faire ou non... pour l'amour ou autre chose...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
comment vivre seule... même si ça ne lui plaît pas...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
en qui elle peut avoir confiance
ou non,
et pourquoi elle ne devrait pas s'en tenir responsable...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
où aller...
que ce soit à la table de la cuisine de sa meilleure amie...
ou dans une charmante auberge au fond des bois....
quand son âme a besoin de paix...

TOUTE FEMME DEVRAIT SAVOIR...
ce qu'elle peut accomplir ou non dans une journée...
dans un mois... et dans une année...

samedi 23 juillet 2011

mercredi 6 juillet 2011

The suffragettes are back on september 8th 2011, featuring SCREAMING FEMALES (US) + Baby Fire + DJ Tamashot + art + talks at MAGIC MIRRORS (avenue du port 86, 1000 bruksels)!!!!

vendredi 7 janvier 2011

citation de Karen Blixen

« Je sais la dette que j’ai contractée envers les vieilles féministes, maintenant dans leur tombe. Si, dans ma vie, j’ai pu poursuivre des études, faire ce que je voulais et comme je le voulais, si j’ai pu voyager seule autour du monde, si j’ai pu faire librement publier mes idées et même si je peux aujourd’hui parler à ce pupitre, je le dois à ces femmes, et il est peu de personnes que j’honore et respecte davantage. Je sais que pour obtenir de pareils biens au bénéfice des générations de femmes à venir, vous avez dû traverser bien des épreuves dans votre vie et renoncer à plus encore, qu’il vous a fallu supporter scandale et ridicule, et que, sans interruption, vous avez dû combattre préjugés et méfiance. »
Karen Blixen, Un discours de clôture avec quatorze ans de retard, conférence radio, 11 janv 1953, trad. Régis Boyer, Des femmes, 1987, p. 276-277

lundi 15 novembre 2010

samedi 13 novembre 2010

J'ai testé la coupe menstruelle !

Voilà que j'ai enfin eu l'occasion de tester la coupe menstruelle, objet qui titillait ma curiosité depuis un certain temps déjà, et à plus forte raison depuis la présentation qu'en a faite Charlotte au cours du festival Suffragettes Not Dead samedi dernier (encore merci Charlotte !).

Et le verdict est des plus positifs.

(à partir d'ici, j'invite le lecteur qui préférerait ignorer certaines choses de l'anatomie féminine à aller voir ailleurs si l'herbe est moins rouge...)

Ce n'est un secret pour personne, les femmes en âge de procréer saignent une fois par mois, hormis certaines ayant opté pour quelque saleté de contraception hormonale dont je ne cesserai de dire tout le mal que je pense (des dites contraceptions, pas de leurs utilisatrices : je n'oserais pas !).
Et quand on saigne, on éponge comme on peut.

En ce qui me concerne, j'étais fidèle au tampon qui, une fois par mois, m'épongeait tant et si bien que je marchais comme un vieux cowboy après chaque passage des Rouges (hé hé : cowboys, Indiens... humour subtil !) tellement j'étais déshydratée des muqueuses.

C'est alors qu'est arrivée la coupe menstruelle (ou cup, pour les intimes) : un petit récipient en silicone ou en caoutchouc souple qui se loge dans le vagin pour en recueillir les pertes. Légèrement dubitative lors de la première application, je fus agréablement surprise par la facilité de la mise en place qui, si elle demande un certain doigté, n'est pourtant pas plus compliquée que la pose d'un tampon sans applicateur. Munie d'une petite tige permettant l'extraction, la cup demande néanmoins une certaine dextérité au retrait (parce que, oui, il faut la vider régulièrement), et j'attendrai sans doute un peu avant de la mettre en camping ou en festival parce que les premiers essais furent plutôt désastreux (dans la série "comment s'en mettre plein les doigts et plein la cuvette des chiottes pour pas un balle", j'avais rarement fait mieux).

Les avantages :
- l'investissement en vaut la peine : selon les fabricants, une cup coûte entre 15 et 30€ et se garde plusieurs années (vous la stérilisez en la plongeant dans de l'eau bouillante après utilisation ; à la "vidange", un simple rinçage suffit). À 5€ le paquet de tampon, le calcul est vite fait.
- c'est écologique : pas de déchets, si ce n'est le contenu de la cup qui, contrairement aux tampons et aux serviettes hygiéniques jetables, est 100% biodégradable !
- c'est ultra-confortable : une fois en place, on ne la sent absolument pas, au propre comme au figuré (parce que, ne nous voilons pas la face, on ne sent pas toujours très bon de l'entre-jambes à cette période du mois). Votre partenaire pourra même vous faire des minettes, il elle ne se rendra compte de rien : la cup est logée bien au chaud, et rien ne dépasse. De plus, adieu les sécheresses vaginales puisque, contrairement au tampon, la cup n'est pas en contact permanent avec les muqueuses.

Les inconvénients :
- l'extraction peut être délicate quand on n'a pas le coup de main.

En bref, la cup, l'essayer, c'est l'adopter, et je ne suis pas la seule à le dire !

lundi 8 novembre 2010

Et après ?



Le Suffragettes Not Dead Festival a eu son petit succès !
Nous remercions toutes les personnes ayant mis leur grain de sel, si petit soit-il, dans cette aventure :  Lara et Soizic, Charlotte, Nina, Catherine, Géraldine , Cha, Caroline, Gélise, Miss Monokiri, Mesdames de Voiture 27, Archimondain Jolypunk, Léa et Lorie, Sarah, Vincent Satan, Eric, les filles du FEL : Evie, Jolien..., Madame Martine, Les Madames Moustaches, Ortigas, Lushus, Diabolita, Baba et l'équipe de nuit des urgences de Saint-Pierre...

Nous espérons que le festival n'est qu'un début ! Nous allons, en tout cas, continuer à nous exprimer, via ce blog, le plus souvent possible ! Ensuite...

mercredi 3 novembre 2010

Secrets d'alcôves

Chère lectrice, cher lecteur,

Voilà plusieurs années que je m'intéresse aux ouvrages dédiés à la sexualité, toutes époques confondues. D'ailleurs, je dois avouer que les plus anciens sont les plus enrichissants, car ils ne se contentent pas du passage à l'acte et accordent une place importante à la parade amoureuse.
Aujourd'hui, il me semble en effet que la sexualité se résume bien souvent au rapport pénis-orifice (quel qu'il soit), ce qui est très réducteur au vu des nombreuses possibilités offertes par l'érotisme et la sensualité. Or, un rapide coup d'œil aux médias actuels peut faire passer l'érotisme "sage" pour une banalité d'un ennui mortel en comparaison à des pratiques soi-disant devenues "normales" telles que le S/M, la bisexualité ou l'usage des sex toys.

Peut-on seulement parler de normalité lorsqu'il est question des secrets d'alcôves ? Après tout, ce qui s'y passe regarde tout un chacun, et les témoignages publiés dans la presse et sur internet offrent à mon sens un tableau très incomplet de la réalité. Pourtant, ce sont en partie ces témoignages, de même que la qualité extrêmement médiocre du cinéma porno contemporain qui poussent bon nombre d'entre nous à penser "pénétration" dès qu'il est question de sexualité.
Malgré une démocratisation évidente de l'information à ce sujet, je déplore l'omniprésence d'une (non-)information poussant à la performance. Il faut croire que, même à ce niveau-là, l'esprit de compétition est de rigueur, alors que la sexualité est avant tout une question de choix personnels.

Comme dans tous les domaines de la vie, je trouve dommage de vouloir imposer ses goûts comme faisant partie de la norme. Ils font sans doute partie d'une norme personnelle dont chacun décide librement, mais vouloir faire passer le bondage, le triolisme ou la sodomie pour des choses à essayer absolument au moins une fois dans sa vie n'est pas, selon moi, la façon la plus saine d'ouvrir un débat (ni l'appétit sexuel de son vis-à-vis, d'ailleurs).
Pas que je sois contre l'expérimentation, loin de là, mais avant toute chose, il est important de prendre en compte l'individu dans son entièreté, avec ses propres envies, désirs et barrières physiques et morales. Ce qui est bon pour moi ne le sera pas nécessairement pour mon voisin, et vice versa.
C'est qu'il en va de la sexualité comme de la gastronomie : celui-ci engloutira six douzaines d'huîtres sans sourciller tandis qu'un autre aura l'estomac complètement retourné rien que d'y penser.

Et comme en cuisine, les préparatifs se doivent d'être tout aussi savoureux que le passage à l'acte ! Libre à chacun de consommer des plats préparés ; personnellement, je préfère m'investir dans l'avant – qui commence bien souvent par des choses aussi anodines que des regards et des mots – autant que dans le pendant (sans oublier l'après), car il ne s'agit pas là d'assouvir purement et simplement un besoin : il s'agit avant tout de désir et de plaisir !
J'ai bien plus de sympathie pour quelqu'un qui s'éclate dans une relation "chaste" que pour quelqu'un qui fréquente les clubs échangistes pour faire plaisir à son partenaire ou parce que c'est à la mode.

Quant à savoir qui fait quoi au cours de sa vie, c'est là que s'arrête la comparaison avec les arts de la table : si je prends plaisir à partager mes recettes de cuisine, le secret d'alcôve, lui, restera complet !

À bon entendeur...

Mademoiselle Catherine

(cet article a été publié pour la première fois ici)